Préparer son voyage en Alaska

On dit parfois que l’Alaska est le “voyage d’une vie”. C’est vrai en terme de paysages extraordinaires à découvrir, mais aussi en ce qui concerne la préparation. Un voyage en Alaska se prépare longtemps à l’avance, il faut y passer beaucoup de temps et quoi qu’on fasse, il faut être prêt à y consacrer un certain budget.

Jamais nous n’avions passé autant de temps à mettre au point un voyage. Internet, agences de voyages, blogs, on a lu et vu tout ce qui nous passait sous la main. En même temps, ça va assez vite, car on s’est rapidement rendu compte que la destination était finalement assez peu courue. Les sources d’informations sont donc rares et le plus souvent en anglais.

Voici donc pour commencer la liste non-exhaustive de nos sources d’inspiration avant notre départ :

 

Et maintenant voici nos conseils et le fruit de notre expérience:

L’Alaska, ce n’est pas si loin …

Notre séjour en Alaska est certes le fruit d’un rêve, mais aussi d’un hasard. Delphine était au boulot un samedi soir, en train de zapper sur internet, quand elle tombe sur une promotion d’Icelandair. Un aller/retour Paris/Anchorage pour 670 euros.

Méfiant, on se dit que ça va être un voyage de 50 heures, avec une escale à Tombouctou de 9 heures. Et en fait non, une seule escale d’une heure et demie à Reykjavik, à l’aller comme au retour. Toutefois, c’est le prix low cost, c’est à dire sans bagage en soute et sans repas dans l’avion. En rajoutant les bagages, on arrive à 815 € . Ca reste toujours une bonne affaire. Pour la nourriture, il aurait encore fallu rajouter des sous. Mais là, on s’est dit: tant pis, on se préparera des sandwichs et à nous l’Alaska !

Une chose  à noter: la bonne nouvelle, c’est que le trajet dure finalement beaucoup moins longtemps qu’on pourrait le penser. Nous, on a mis en tout 12 heures: 3h30 entre Paris et Reyjavik, 1h30 d’escale, et 7h entre Reykjavik et Anchorage. Bref, aller en Alaska, ca va beaucoup plus vite que des séjours en Nouvelle Zelande, Japon ou Thailande.

Plusieurs autres compagnies, comme United Airlines, British Airways ou KLM proposent aussi des trajets vers Anchorage, avec une ou deux escales.

Seule chose à ne pas négliger: bien faire son Esta (demande d’autorisation pour voyager sur le sol américain) sur internet avant de partir, car l’Alaska, bien qu’isolé du reste du pays, appartient bien aux Etats-Unis 😉

Bref, pour le trajet finalement, c’est assez simple. C’est ensuite que les choses se sont compliquées …

 

La tentation de passer par une agence ?

Voyant que l’organisation allait être compliquée, on s’est dit pourquoi ne pas passer par une agence de voyage. On l’avait déjà fait pour notre voyage dans l’Ouest américain. C’est plus cher, mais ça permet d’avoir accès à des logements directement dans les parcs nationaux, quasi-impossibles à réserver par ailleurs sauf à s’y prendre un an à l’avance, et encore.

Nous sommes donc allés consultés trois d’entre elles, avec déjà une idée de parcours, pour demander des devis. Et là, on est un peu tombés de haut. Car même en leur proposant un budget assez large (entre 3.000 et 4.000 euros par personne, sans compter le billet d’avion que nous avions déjà), toutes nous ont dit que ça ne serait jamais suffisant et qu’elles ne pouvaient rien faire pour nous ! Guère encourageant tout ça. Une n’a même pas daignée nous répondre …

 

Les choses à prendre en compte avant de partir

  • Les distances

En aéloute, langue des Alaskan Native, Alaska signifie “grande Terre” ou “continent”, et là-bas, le terme de grands espaces n’est vraiment pas usurpé. L’Etat est vaste comme 3 fois la France et certains de ses parcs ont une taille équivalente à celle de la Suisse !
Donc si vous ne voulez pas passer votre temps dans la voiture, il va falloir faire des choix. Ou passer deux mois sur place si vous pouvez.
Nous, nous n’avions que trois semaines. Donc on s’est concentré sur un triangle Anchorage-Fairbanks-Homer. Et nous avons tout de même parcouru plus de 3000 km !

 

 

Mais il nous a fallu faire l’impasse sur toute la région de Juneau, sur tout le nord (de toutes façons, la plupart des loueurs vous interdisent d’y aller en raison de l’état de la route) ou encore les îles Aléoutiennes. Il nous faudra revenir lors d’un autre voyage.

Si comme nous, vous partez en mode roadtrip, ne vous fiez pas au nombre de kilomètres indiqués sur le GPS.  Hormis autour d’Anchorage, vous allez roulez pendant des dizaines de kilomètres sans rencontrer la moindre habitation. Seuls les travaux pourraient vous ralentir.

400 kilomètres peuvent donc se faire très rapidement … sauf que les paysages sont magnifiques et que les arrêts sont nombreux.

 

 

.  Des infrastructures limitées

L’Alaska est un pays préservé du tourisme de masse, c’est génial pour le contact authentique avec la nature, mais par contre ça complique sérieusement les choses quand on souhaite s’y rendre et s’y déplacer.

Il n’y a que peu de routes, certaines ne sont que des pistes, et plus problématique encore, des portions entières du pays ne sont tout simplement pas accessibles par voie routière. C’est notamment le cas du Katmai National Park, l’un des parcs les plus connus si on souhaite voir des ours. Seule solution pour s’y rendre: l’avion !

 

Pareil si vous vous avez envie lors d’un même voyage de voir Juneau et Anchorage, les deux villes principales du pays. Il n’y a pas de route qui les relie. Là encore, il faudra prendre un avion. Et dans les cas où vous seriez tentés comme nous de prendre les ferrys pour traverser certaines parties, là encore méfiance, car ces petites (grosses) choses ne circulent pas forcément très régulièrement. Par exemple, si vous voulez prendre le bateau entre Valdez et Whittier, il n’y en qu’un tous les trois jours (et ça c’est pour la période estivale)

De la même manière, les hôtels ne sont pas nombreux. Il n’est pas rare que dans certaines villes, il n’y ait qu’un seul hotel (on a eu le cas à Chitina) ou qu’une seule chambre d’hôtes. Résultat: c’est souvent vite complet. Et quand ça ne l’est pas, vu l’absence de concurrence, les tarifs font parfois peur.

 

Pour les excursions, le choix des prestataires est aussi souvent limité. La plupart du temps, on en trouve un ou deux par ville. Avec les mêmes conséquences que pour les hébergements en terme de prix et de disponibilités. Par exemple, pour faire le tour dans le parc du Denali (il est interdit de circuler avec sa voiture perso au delà du 15e miles, après c’est bus obligatoire), pensez à  bien réserver à l’avance. Nous sommes tombés sur un couple d’Anglais qui restaient 3 jours sur place et pensait ne pas avoir de problème à trouver deux places pendant ce laps de temps, et bien, ils n’ont pas pu faire l’excursion au final. Nous, on avait booké nos places deux mois à l’avance et certains bus étaient déjà complets.

Pour toutes ces raisons, un voyage en Alaska doit être anticipé au maximum et les réservations faites le plus tôt possible.

 

  • Des prix de dingue

C’est sans doute la raison principale pour laquelle il y a si peu de tourisme dans ce pays magnifique: tout coûte extrêmement cher !!
Nous étions déjà allés dans des pays ou régions réputés chers (Norvège, Hawaii ), mais là, on explose tous les records en matière de tarifs.

Exemple pour les transports: la location de voiture pour trois semaines revient à 1.500 euros pour une voiture classique (attention, classique à l’américaine, c’était plutôt une Laguna qu’une Twingo), et plus de 2000 pour un SUV. Un ferry entre Valdez et Whitthier, c’est un peu de  plus 250 euros le trajet (si vous avez une voiture, car avec un 4×4 ou un SUV, c’est encore plus cher)

Exemple hébergements : pour une nuit en B&B, compter environ 150 euros. Et encore à ce tarif-la, il faut parfois partager la salle de bains et les toilettes avec les autres résidents
La solution à laquelle nous avions pensé était de prendre un camping-car, mais selon les agences que nous avions vues, cela empêche d’aller dans beaucoup d’endroits, car l’accès ne leur est pas autorisé. Et le camping-car, ça consomme quand même pas mal niveau essence, donc si c’est pour perdre d’un côté ce qu’on va gagner de l’autre … Bref, on a choisi l’option confort, avec hôtel ou bed&breakfast tous les soirs. Pour les courageux, le camping peut aussi être envisagé. Mais la météo est parfois capricieuse et il n’est donc pas rare d’avoir des nuits où il fait froid et il pleut non stop même en plein mois de juin.

 

 

Exemple excursions: pour une sortie en kayak en demi-journée, c’est 140 euros et c’est l’activité la moins chère que nous avons trouvé. Et si comme nous, vous voulez profiter au maximum de ce que le pays à offrir, en vous prévoyant une sortie pour voir les ours à Katmai, la facture s’alourdit encore.
Petite astuce pour réduire un peu ce tarif : partez d’Homer plutôt que d’Anchorage. Nous, on s’en est tiré pour une excursion revenant à 725 dollars par personne. Pas donné, mais tout de même mieux que les 900 et quelques euros qu’on aurait dû débourser depuis Anchorage.

Une bonne nouvelle toutefois au milieu des ces chiffres astronomiques: l’Alaska est l’un des rares états aux USA, où il n’y a pas de taxes. Ca peut sembler anecdotique, mais quand on sait que dans certains Etats américains, il faut systématiquement rajouter près de 10% sur chaque tarif affiché, c’est toujours ça de pris. Par contre, comme partout aux States, le pourboire ne doit pas être oublié. Pour les serveurs au restaurant, c’est environ 20% à rajouter. Et pour les guides en excursion, il est d’usage de donner entre 10 et 20 euros par personne.

 

 

Perso, notre budget global pour ce voyage a tourné autour des 4500 euros par personne. Là dedans, on a eu environ 800 euros de billet d’avion, 750 euros de location de véhicule assurances comprises, 1200 euros pour les hébergements et environ 1300 euros pour les excursions. Là dessus se sont ajoutés l’essence pour la voiture, la nourriture sur place et les diverses dépenses.

Comment faire (un peu) baisser la note ?

Le plus simple est bien sûr de renoncer aux excursions. On peut tout à fait se contenter de randonner en Alaska, c’est gratuit et les paysages se suffisent à eux-mêmes. Mais perso, nous nous sommes dit que nous n’aurions sans doute pas l’occasion de revenir, il fallait en profiter pour faire tout ce que le pays à de plus beau à offrir. Et puis le vol au dessus de Wrangell National Park, la rando sur le Root Glacier seront sans doute nos meilleurs souvenirs.

 

 

L’autre idée est loger en camping. Mais comme on l’a dit plus haut, attention à la météo. Et pour en avoir discuté avec une touriste chilienne croisée au Denali, même en faisant abstraction de la pluie ou du froid, en camping, on n’est pas à l’abri de voir son sommeil perturbé par l’arrivée impromptue d’un moose ou d’un ours au milieu de la nuit. Ou de ce qu’on croit en être un.

Dernière idée: rogner sur la nourriture. C’est ce que nous avons tenté de faire. En prenant des B&B, on avait souvent des ptit dej compris. Et le ptit dej à l’américaine, c’est du costaud, ça nous tenait bien au corps jusqu’au milieu de l’aprem ! Donc souvent le midi, c’était salade ou sandwichs pris au supermarché. Mais là encore, les tarifs ne sont pas tout à fait les même que chez nous et plus on s’éloigne d’Anchorage, plus les prix augmentent. Comptez jusqu’à  6 dollars le paquets de chips (taille US), 9 dollars les 8 sushis tout prêt, et une dizaine  dollars le paquet familial de M&M peanut butter (un indispensable pour nos roadtrip US). Pour les restos le soir, on a souvent évité, la note peut rapidement grimpée, mais parfois on s’est tout de même laissé tenter. Et là, c’est tarifs parisiens assurés (14 dollars pour une salade, 20-25 dollars pour des pâtes …). Ceux qui sont allés à NYC ou Hawaii ne seront pas étonnés.

 

A quel moment partir en Alaska ?

Tout dépend de ce que vous voulez faire. Mais globalement la période à laquelle nous sommes partis (tout début juin) est plutôt pas mal. C’est le début de l’été en Alaska, il n’y a pas encore trop de monde (le pays est dans tous les cas loin d’être overbooké), la météo est plutot clémente (on a eu plusieurs journées très ensoleillées à plus de 20 degrés) et les moustiques ne sont pas encore arrivés (ils débarquent apparemment plutôt en juillet-août). Quelques inconvénients toutefois: on est arrivés un peu tôt pour profiter de la totalité du Denali. La route qui traverse le parc fait 92 miles, mais n’ouvre en totalité qu’à partir du 8 juin. Il nous a donc fallu nous contenter d’aller jusqu’au mile 66. Idem pour certaines randos dont les sentiers étaient encore recouvert de neige. Ca a été le cas dans le Denali ou au Worthington Glacier. A l’inverse, on est arrivés un peu tard pour profiter des icebergs ou des ices caves: ils avaient déjà presque tous fondus. Si ce genre d’activités vous tente, il faudra plutôt venir en avril-mai.

 

 

 

Le coté sympa de juin est aussi que c’est la période du soleil de minuit et donc des journées interminables dont on peut profiter jusque tard dans la soirée. Suivant les endroits à cette période, le soleil se couche entre 23h30 et 3H du matin. Et si vous montez vers le cercle polaire, il ne se couche pas du tout.

 

Que mettre dans sa valise ?

Il va falloir partir chargé car en Alaska, il faut s’attendre à tous les types de temps et ce, même en plein été. On est ainsi passé d’un déluge de grêle le jour de notre arrivée à Fairbanks à un grand soleil et 25 degrés le lendemain. On n’aurait jamais cru porter des shorts en Alaska et pourtant on était content d’en avoir pris un.

A l’inverse, il ne faut pas négliger tout ce qui est affaires de pluie ou même de grand froid. Dès qu’on monte en altitude, les températures se rafraîchissent, dès que le vent se lève, idem, dès qu’on se rapproche de la mer, même topo. Donc pensez aux polaires, vestes et pantalons de pluie étanches, gants et autres bonnets. Et de bonnes chaussures.

 

 

Chose que nous avions négligé et qui peut être utile: la crème solaire. On a pris de bonnes couleurs pendant nos randos, mais aussi lors de la marche sur glacier (la glace réflechit le soleil) ou en kayak. Les lunettes de soleil sont aussi indispensables pour ces deux dernières activités.

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Estelle
Invité

Ton article sur les tarifs me fait un peu peur. On avait prévu de partir en Alaska cet été mais le projet a été repoussé. Pour certains trucs, ça me parait pourtant moins cher que l’Islande (2300€ la voiture premier prix et 4500€ le 4×4 pour 17 jours). Le prix des excursions ne me choque pas plus que ça (quand on paye 170€/pers pour voir des baleines en Islande, 140€ la demi journée de kayak en Alaska me parait convenable). Pour info en Islande nous n’avons mangé que des sandwich à la mortadelle, des nouilles instantannées et des hot dogs… Read more »

PepetteEnVadrouille
Invité

Ah oui les tarifs c’est quand même quelques chose! Comme on préfère voyager plusieurs fois par an, je pense que cette destination est hors budget pour nous…

Itinera magica
Invité

Merci pour cet article complet, sincère et passionnant. Ohlala les trajets et coûts 🙁 ça me refroidit un peu j’avoue, même si ça a l’air sublime.
Vous avez vu de la faune (ours, loutres, baleines)? Je rêve de l’alaska pour ça.

tania
Invité

alors je ne sais pas si j irai un jour en Alsaska mais merci pr toutes infos
importants qd va dans un endroit où tout est si particulier
la valise doit peser 23 kgs lool avec tout votre équipement ?
mais quel voyage pffff

Thiollier
Invité
Thiollier

Bonjour

Nous partons en voyage de noce en Alask d’ici 10 jours et ton blog nous aide bien .
On y séjourne quasi 4 semaines et on a loué un truck camper faisant office de logement et de transport.

Aurais tu encore le nom des compagnies et organismes pour la location de kayak? La compagnie du Ferry? Ta randonnée en crampon? La visite du Denali parc?

Je te remercie et j ai tellement hâte d y être